lunes, 25 de octubre de 2010

C'EST FACILE

ESTHER: Paul, tu n'es pas là mais souvent, il me semble que ton absence me chuchotte dans le creux de l'oreille. Ça me tient compagnie. Et ton absence me demande : "Esther, où est-ce que je suis ? Où est-ce que j'ai été vraiment moi ? Moi-même ? Celui que je suis vraiment, Paul ? Je suis tellement perdu que je n'arrive plus à me retrouver. Et moi dans ma tête, je pense : "C'est facile, tu étais et tu es encore dans ma foi, dans mon espoir et dans mon amour". Et ton absence me demande encore : "Est-ce que je suis ton enfant ? Est-ce que je suis coupable ? Est-ce que tu peux me pardonner ?" Et dans ma tête, moi, je te réponds : "Tu as fait de ma vie un enchantement". Et ton absence me demande : "Cache-moi, protège-moi". Et comme Solvèque, je te réponds : "dors, mon tout petit, dors. Toute la longue journée de la vie, nous l'avons passer à jouer, à courrir, à chanter ensemble. Maintenant, mon enfant a besoin de se reposer. Alors ferme les yeux, mon p'tit gars, mon fiancé, mon amour, n'aie pas peur, ne crains rien parce que je veille sur toi." Alors ton absence s'endort tout contre mon esprit. Je te protège, je pense à toi, je t'embrasse. Esther.




PAUL: Le plus grand plaisir que je continue à éprouver, même quand j'suis malheureux - Je me suis encore foutu dans une impasse où je peux plus bouger - mais y'a un truc qui veillit pas, c'est l'étonnement. Quand je mets ma main dans la culotte d'une fille que j'connais pas pour la première fois. A chaque fois, ça fait peur. C'est toujours différent. Et puis, c'est tellement bizarre. C'est pas du Donjuanisme parce que j'ai pas couché avec tant de filles que ça. C'est ce moment-là qui fait que tu sens que t'es en vie. Les gens bidonnent, te racontent que c'est toujours pareil : un con est un con, que les garçons c'est différent et que les filles, c'est pareil. Les filles, c'est tellement précisément différent là, à chaque fois. C'est pas seulement de l'infidélité. Y'a des filles, même si tu les connais, chaque fois que tu mets la main, tu sens que c'est bizarre, pas gagné. C'est dur à expliquer. Mais si tu parles de ça aux gens, ils te disent : "Hé, ça va, tu peux commencer à t'habituer, quand même, c'est infantile" ou alors ils se moquent : "Tu dois pas être une bonne affaire au lit." ce qui est tragiquement drôle quand on sait comment la plupart des gens baise, quand même. Tu vois, cette réaction des gens qui font la moue du genre "j'espère que t'as mieux dans la vie" alors que tu sais que eux, ils ont rien de mieux dans la vie même pas ça. C'est ça le plus grand plaisir, le moment où je sens que la vie, ça vaut tellement la peine - même si c'est trop cher payé. C'est pas Eideguer qui monte sur sa putain de montagne. Non, c'est le visage de la fille, toi qui a un peu peur, qui repousse l'élastique, tu vois ? "Hé, ça va, y'a mieux." Y'aura rien de mieux dans la vie, et t'as intérêt à t'en satisfaire. Et c'est déjà pas mal.


'Comment je me suis disputé...' ARNAUD DESPLECHIN (1995) Extrait


Per què tot i viure les mateixes coses, sempre veurem les coses diferents.
Fàcil o difícil, no ho ser.
Però inevitable, segur.

3 comentarios:

Una Devant dijo...

Tiene una pinta increíble. Espero que hayas visto Nue Proprieté, de Joachim Lafosse.
Gracias por hacerme descubrir a Arnaud Desplechin.

Una.

Marina dijo...

Desplechin crea unos personajes increíblemente geniales. La primera que vi suya fue "Róis et Reine", muy buena también.

En mi canal de Youtube hay algo más de Despelchin subtitulado, por si te apetece:
http://www.youtube.com/elultimotruco

¡Gracias por tu recomendación! No he visto nada de Lafosse, me lo apunto.

Anónimo dijo...

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